Pour commencer (et surtout en finir) avec le réseautage

«5 à 7 suivi d’une période de réseautage»

Je ne sais pas pour vous mais je haïs (prononcer j’aaayis) de plus en plus les évènements où on m’indique quand il serait pertinent de réseauter. Plus on annonce ce moment, plus je garde mes poignées de mains et mes cartes d’affaires dans mes poches. Ce qui m’amène à me commettre pour la première fois sur un sujet d’article de blogue des plus populaires : le réseautage à l’ère des médias sociaux.

Dernièrement, j’ai été prise par surprise par des gens qui m’ont demandé «Karine, comment on fait ça du réseautage?» Si j’ai souvent été un peu déçue de réaliser que cette demande coïncidait en fait avec la recherche d’un nouvel emploi, j’ai réalisé que j’avais quand même des pistes de réponses.

Et comme j’en ai assez des recettes de réseautage cheap qu’on offre souvent en formation je vous propose mon grain de sel.

Cesser de voir l’utilisation des nouvelles technologies comme un sujet de débat

D’abord, une petite parenthèse sur les réseaux sociaux.

Ma relation avec la technologie n’a pas toujours été facile. J’ai déjà ri de mon coloc qui me parlait du blogue comme du moyen d’information de l’avenir. J’ai craché sur Twitter en croyant qu’on se contentait d’y écrire ce qu’on avait mangé pour déjeuner. Un ami a dû créer mon compte Netvibes à ma place pour me convaincre de l’utilité des fils RSS. Etc, etc, etc. Mais, comme l’apôtre Pierre, j’ai regretté amèrement ce reniement et j’ai dit aux nouvelles technologies : «pardonnez-moi car j’ai douté».

Je pense que ma relation avec les nouvelles technologies est devenue vraiment harmonieuse et productive le jour où j’ai arrêté de voir la nouveauté comme un sujet de débat (pour ou contre facebook? twitter est-il une perte de temps? peut-on faire du  »vrai » cinéma avec un cellulaire?). Pour moi, la question est maintenant de choisir l’application à utiliser en fonction de la pertinence avec ce que je veux faire ainsi que du temps et de l’énergie que ça demande.

Prenons mon cas : je suis travailleuse autonome, productrice indépendante, arrivée au cinéma après des études en journalisme avec plus ou moins de réseau professionnel dans ce domaine.

Poser la question de l’utilisation de Facebook c’était y répondre. Je n’ai pas les moyens de me priver le richesse du contact avec les centaines de personnes qui m’informent, m’interpellent, me nourrissent, m’inspirent, me font rire. Pour Twitter, ça aura été plus long mais j’ai fini par comprendre et j’embarque progressivement. J’aurais pu me braquer et bouder ces nouveaux médias. J’aurais aussi pu rester dans mon sous-sol et à écrire des livres intellectuels sur la disparition des liens sociaux à l’ère des nouvelles technologies… On fait des choix dans la vie.

Des amis qui travaillent dans des emplois traditionnels, de 9 à 5, dans des bureaux et qui ont une charge de travail incroyable me disent, gênés : «Je n’ai pas de temps pour Facebook et Twitter, je suis vraiment out». Pas du tout. Pour avoir déjà eu à faire des jobs de bureaux particulièrement drainantes je peux absolument comprendre que certains emplois n’offrent pas la liberté nécessaire pour vagabonder sur le web (bien qu’à mon avis ce soit hautement bénéfique pour l’entreprise mais ça c’est un autre débat…) De toutes façons, pourquoi utiliser une technologie «parce qu’il le faut» quand on n’a clairement pas le temps? Pour savoir quel personnage de Twilight vous êtes ou nous dire que vous vous êtes enfin acheté une nouvelle télé? Je comprends l’intérêt mais je ne le partage pas nécessairement. Il est possible d’entretenir un réseau social autrement, soyez créatifs. Mais entretenir des contacts restera toujours quelque chose qui demande temps et énergie.

Le réseautage n’est pas une activité avec un début et une fin.

Pour moi, le réseautage n’est pas une activité qu’on décide de faire du jour au lendemain. Le réseautage est un emploi à temps plein. Il ne s’arrête pas la journée où on trouve le poste qu’on recherchait. Le réseautage assidu implique parfois de refuser un souper d’amis pour se rendre dans un 5 à 7 professionnel où on risque de rencontrer de nouvelles personnes qui partagent nos préoccupations. Il implique aussi de mettre notre gêne de coté pour adresser la parole à quelqu’un qu’on ne connaît pas pour s’intéresser à son travail. Et je dis bien s’intéresser aux autres. Pas seulement se ploguer.

Le réseautage c’est penser et répondre aux autres d’abord

Pour moi, le réseautage se construit dans les petits détails. Quand quelqu’un lance un appel sur Facebook : cherche appart, cherche emploi, cherche lift, cherche whatever, lui répondez-vous? Prenez-vous parfois le temps de transférer un extrait de bulletin électronique auquel vous êtes abonné à un ami simplement en lui disant : ça pourrait t’intéresser. Avez-vous déjà transmis une offre d’emploi à quelqu’un qui n’en cherchait pas nécessairement en lui disant : il me semble que c’est ton genre de contrat? Avez-vous déjà fait circuler une offre d’emploi alléchante pour laquelle vous prévoyiez postuler afin d’informer vos amis de l’opportunité?

Pour moi, le réseautage c’est ça. C’est un tricot qui prend du temps à faire. Et comme on ne commence pas à se tricoter un chandail au premier gel parce qu’on sait qu’il ne sera jamais fini avant le printemps, on ne décide pas de réseauter la journée où on a besoin d’un réseau. Il faut du temps pour se forger un réseau. Et plus votre réseau est basé sur une logique  »d’utilitarisme » (j’entretiens des liens uniquement pour mettre ces personnes à contribution quand j’en ai besoin et jamais l’inverse) moins il a de chances de servir et de durer.

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3 réponses à “Pour commencer (et surtout en finir) avec le réseautage

  1. Geneviève Raymond

    Je suis tout à fait d’accord avec toi Karine! Bravo pour ton blogue, j’aime bien lire tes réflexions!

  2. Madame Dubois,
    Je suis tombé sur votre blogue en googlant « pizza aux lardons des seins refaits des filles de O.D. »

    J’adore ce post. Il résume tellement bien ce qu’on cherche souvent comme explication. Merci de partager le secret de ton succès!

  3. Bonjour,
    vous mettez dans le mille : les réseaux sociaux sont des outils, pas des objectifs.
    Devant cette abondance d’outils, on en vient à oublier le contenu, souvent dérisoire, malheureusement.
    Les réseaux sociaux, comme d’autres outils de lien social, s’apparentent trop souvent à du brassage de vent.
    Au fond, la question est celle de l’objectif : ai-je envie de partager quelque chose avec mes réseaux sociaux ? Puis, vient le temps de se demander : comment les sensibiliser à ce quelque chose ?
    Le problème, c’est que la plupart du temps, on se pose la deuxième question avant la première. Ça devrait nous interroger sur la place qu’on laisse à la création dans la société.

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